banniere

LA DETERMINATION DES CONFLICTUALITES SOCIALES EN ENTREPRISE

Le développement de la communauté matérielle de la modernité marchande a liquidé tous les vieux liens sociaux des traditions de jadis. C’est pourquoi, l’entreprise, à mesure que la ville tentaculaire étendait son emprise sur la nature, est devenue le lieu quasi-exclusif d’identification où se retrouvent les hommes contemporains autour des appartenances, des affiliations et des communications qui les positionnent dorénavant entre eux compte tenu de ce qui les mène et les amène à se retrouver membres immatriculés d'un même espace de travail.

L’ordre technique de la marchandise est, dans son essence, l’histoire de la vérité de la disparition de l’être qui échappe à lui-même et qui astreint l’homme à n’être plus qu’un faire qui s’objective dans l’avoir et le représenter.

L’entreprise est donc un des lieux majeurs où le rapport de production social du mal-être apparaît dans les relations qu’entretiennent entre eux les êtres humains qui s’y rencontrent dans la confrontation des arrachements et l’affrontement des afflictions.

Dés lors, la déchéance et le déchirement propre à l’être qui est devenu in-essentiel à lui-même dans l’univers de la possession généralisée implique que l’entreprise comme emplacement prééminent du produire l’économie de l’acquérir, soit aussi le point-clef  d’expression où le mal-être du vivre dé-substantialisé par la marchandisation des désirs, se signale sous toutes les formes d’antagonismes et d’affrontements envisageables.

La philo-analyse en tant qu’archéo-logie des profondeurs de la contradiction être/mal-être, regarde donc ici l’entreprise comme un territoire d’enjeux géo-symboliques éminent qui dé-limite la mise en forme de son relier social en raison des fluctuations de cette contradiction. De ce fait et d'emblée, l’histoire de l’entreprise est entièrement déterminée par le mouvement des tensions et des rétentions multiples qui y traduisent l’opposition entre le spectacle du monde actuel et les innombrables et différentes pré-occupations d’une exigence à l’humain de plus en plus dés-orientée.

Par delà les regards de surface qui se fixent à l’écume des choses dans une appréhension étroite des relations de travail, artificiellement découpées par le langage des recettes de l’image, en management, communication, politique des ressources humaines et autres entraînements professionnels stéréotypés, la philo-analyse n’entend pas s’occuper de la régulation du court terme des façades du temps puisque elle a pour unique finalité de mettre à jour les antinomies durables du noyau primordial.

A ce titre, dans le cadre des expériences existantes du mouvement réel, la philo-analyse enseigne que ce qui dit finalement le dernier mot d’une conflictualité sociale qui se présente ici et maintenant, ce ne sont pas les outils de technique juridique ou manageriale qui ne font qu’habiller l’éphémère. Ce qui tranchera en dernière instance, c’est la dynamique énergétique du vouloir de long terme qui, passant éventuellement par tel ou tel moyen, se donnera avant tout capacité stratégique à se matérialiser en acte certain.

Et la matière de cette capacité ne s'accomplira que parce qu'elle pourra imposer - au fil du temps - le mouvement de direction choisie, sur le terrain d’une vraie com-préhension des affections et désaffections persistantes du mal-être social qui particularise le devenir d’aujourd’hui en chaque lieu de travail.